Continental Conti Sport Contact 5

Réalisé par Olivier Maheo - Photos Cédric Prowler

Ce nouveau pneu sportif baptisé «CSC5», placé au catalogue entre les ContiSportContact3 et Conti Sport Contact 5P, était mis à l'épreuve via des séances d'exercices spécifiques «sécurité». Le pneumatique étant la liaison directe entre l'auto et le sol, tout son travail est difficile à percevoir avec les autos de dernières générations, dont les assistances diverses nivellent fortement les sensations et le feeling. Continental a fait le pari de nous présenter ce pneu sur une auto totalement dépourvue d'assistance, afin de tester et de se rendre compte plus directement des possibilités de ce CSC5.

La nouveauté de ce CSC5 : la nouvelle gomme utilisée, nommée «Black Chili», a la caractéristique de s'adapter dynamiquement à la conduite. En effet, ce pneu est notamment composé de longues chaînes de polymères se trouvant au repos à l'état étirées. A vitesse stabilisée en l'absence de fortes contraintes, cela permet ainsi une faible résistance au roulement et donc une diminution de la consommation lors de ces phases de roulage. Lors des phases de freinages et de passage en courbes, ces molécules se comportent comme des ressorts, se comprimant et emmagasinant l'énergie (et donc la chaleur) ce qui permet d'augmenter le grip de façon significative. A noter également un dessin des sculptures, au niveau de l'épaulement, particulier. On remarque que les blocs de gomme appelés «macro-blocks» ne sont pas intégralement séparés les uns des autres, mais toujours reliés entre eux, ce qui diminue la déformation mais augmente également la surface de contact au sol, et ainsi la précision des trajectoires lors des appuis en courbe. Enfin, la dissipation de chaleur se fait vers l'extérieur du pneu, et nous constaterons effectivement lors des phases de roulage intenses que le pneu garde une température modérée lors des changements de session.

Changement important par rapport à l'année dernière, Continental avait décidé de faire tester ce pneu avec un seul modèle de véhicule, ce dernier n'étant pourvu d'aucune assistance, ni à la conduite, ni au freinage. Nous attendaient donc 6 Caterham R300, légèrement revues pour le manufacturier : -50kg, soit 450kg au final à vide, pour 175ch, toutes montées en ContiSportContact 5 205/45R17. Afin de nous encadrer sur la piste et de nous conseiller, nous pouvions également compter sur Franck Fourgereau (moniteur de pilotage, plusieurs fois Champion) et Frédéric Johais (moniteur diplômé d'état, également Champion et titré). Les ateliers mis en place comprenaient freinage d'urgence, slalom serré et une zone d'évitements.

continental contisportcontact 5 ferte gaucher

Le premier exercice fut assez délicat pour qui sort d'une berline de plus d'une tonne avec ABS et freinage assisté : il fallait rentrer dans une zone de freinage à vitesse constante (environ 50km/h) et pratiquer un freinage d'urgence. On verra que le pneu se comporte très bien, si on arrive à ne pas bloquer les roues. Le fait que la voiture est très légère est un gros avantage, mais l'inconvénient est qu'il n'y a presque pas de transfert de charge sur le train avant, les 4 pneus sont sollicités de façon identique, et le blocage de roues est assez facilement atteint, bien qu'il faille pour ça lourdement écraser la pédale en l'absence totale d'assistance. Le slalom serré permet de se rendre compte que le pneu se comporte bien pendant les changements rapides d'appuis, sans aucune amorce de dérapage, et à vitesse respectable. On ressent que la rigidité des flancs est importante sur cet exercice. Enfin pour le plus ludique de ces trois exercices, il fallait rentrer dans une zone à vitesse constante et, suivant un indicateur lumineux, soit faire un évitement à gauche ou à droite suivi d'un freinage d'urgence, soit directement un freinage d'urgence face à des plots. Exercice délicat pour qui souhaite le réussir sans bloquer les roues ni toucher les plots.

Une fois la légèreté de l'auto et l'absence totale d'assistance appréhendées, nous avons pu passer à des exercices comprenant plus de roulages, avec des passages en courbes bien en appui pour vérifier le comportement du pneu et le fait que l'auto reste bien stable, ainsi que de fortes décélérations pour les phases de freinage avec les virages. L'après-midi fut consacré à des sessions de roulage complètes, sur plusieurs tours. Bien qu'ayant entre aperçu le fonctionnement de cette petite bombe légère et agile, on arrivait facilement à commettre de nouvelles erreurs. Il n'est pas question avec une auto si légère de commencer à braquer les roues avant d'avoir bien relâcher les freins : le tête à queue est alors quasi instantané.
Les tours nous permettront de nous familiariser un peu plus avec les freinages bien appuyés, le positionnement de l'accélérateur par rapport au braquage du volant, et le comportement global de l'auto chaussée de ces CSC5.

La vraie surprise, alors que les autos roulent sans interruption sur le circuit, est de constater que premièrement, le CSC5 ne bouloche presque pas, ensuite qu'il n'est pas brûlant au toucher. Lors des phases de roulage qui ne mettent pas le pneu en forte contrainte, la température reste relativement faible car évacuée vers l'extérieur du pneu, c'est pourquoi il ne se détériore pas aussi vite qu'un pneu très tendre dédié piste ou bien qu'un pneu tourisme plus classique qui ne supporterait pas ces phases d'accélérations et de freinages, et donc de grosses contraintes. On peut alors imaginer que ce pneu offre un bon potentiel sportif, permettant des sorties pistes occasionnelles, ainsi que d'envisager beaucoup de kilomètres en usage routier «classique». Reste une inconnue : comment ce CSC5 se comporte-t-il sur le mouillé, la journée s'étant déroulée sous un splendide soleil, ce qui ne nous aura pas permis de connaître ses aptitudes d'accroches sur sol humide. Retrouvez toutes les photos du test du pneu Continental ContiSportContact 5 sur le circuit de la Ferté Gaucher à bord des Caterham R300.

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Photos Continental Conti Sport Contact 5