Essai Lotus 2-Eleven modèle 2008

Réalisé par Jérémie Lacasta

Le défi ? Rallier Tarbes à Monza en Italie pour participer à une course de la Lotus Cup avec une 2-Eleven. (Et entrer dans le Guinness Book des records ?!) Pas de portes, pas de pare-brise, pas de toit, la barquette semble échappée d'un circuit, à la manière d'un proto du Mans. D'ailleurs, elle n'est pas homologuée en France pour rouler sur la route. C'est pour cela que la belle sportive est immatriculée en Angleterre au siège social de Lotus, car c'est bien connu, en Angleterre on peut faire rouler ce qu'on veut, même son lit tant qu'il a quatre roues !

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

7h du matin, départ de nuit, blouson, casque et gants obligatoires. Calés dans les sièges en plastique recouverts d'une fine couche de mousse, harnais 4 points, moteur, action.

255ch sous le capot, et un compresseur. Avec seulement 740kg sur la balance, les performances de l'auto atomisent bon nombre de super sportives. 0 à 100 km/h : 3.9s, les 160 km/h : 9s. Tout cela avec un «simple» bloc 1.8l de 4 cylindres et 16 soupapes. Premiers tours de roues, l'auto se chauffe, pas nous. L'autoroute guidera nos premières étapes, et ce, jusqu'à la frontière. 7h30, le soleil commence à se lever et nous accompagnera jusqu'à Nice. Le temps se réchauffe, nous aussi. L'auto est quant à elle à température idéale pour profiter pleinement de ses accélérations à chaque sortie de péage et au moindre dépassement. Avec le compteur gradué en Miles, il faut se méfier, car ici le 120 correspond au 200 km/h, et on y arrive avant même d'avoir le temps de le dire. Prudence donc, car la voiture doit impérativement être à Monza avant le lendemain. Bonne idée d'ailleurs car nous ne sommes pas les seuls de sortie...

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

Arrivés au péage de Toulouse, direction la gauche, Télépéage. Un homme nous fait signe, déjà en infraction ? Non, c'est la Douane, contrôle des papiers et du véhicule. Avec ce qu'il y a de place à bord (rien) l'inspection est rapide, de plus pas de capot pas de coffre, juste un moteur et nous ! Papiers en ordre, tout va bien, nous repartons, toujours à allure modérée. 50km plus tard, appels de phare, tout le monde roule plus à 120 que 130 km/h. Les jumelles au loin, bien posées sur le toit de la Subaru. Mais le gendarme ne regarde plus ses jumelles, il nous suit du regard, comme ébahi de voir un tel engin sur la route. Sympa ! Avec 40 litres de réservoir et une conso moyenne proche des 12 litres, les arrêts sont fréquents. Le premier nous apporte d'ailleurs bon nombre de questions de la part des curieux qui s'approchent, du type : «C'est quoi comme marque», «vous avez le droit de rouler avec»... Les gens dégainent leurs téléphones ou appareils pour prendre des photos. «On peut faire un photo ?», oui, oui, pas de problème. Nous n'avons pas compté, mais nous ne nous sommes jamais autant fait photographier. Sur le parking, deux autres anglaises, avec lesquelles nous constituons un trio des plus éclectiques. Notre 2-Eleven, barquette de course, un Land Rover Defender, 4x4 authentique pur et dur, et Bentley Flying Spur, berline/limousine au summum du Luxe. Nous reprenons la route, le soleil brille, mais plus pour longtemps. Nice s'approche, et le ciel noir aussi. L'un des endroits les plus ensoleillés de France semble déroger à sa réputation. (L'accélérateur de particules à dû nous perturber le temps !).

La pluie tombe de plus en plus fort, nous stoppons dans la première station service. Problème, dans cette barquette, rien pour se protéger... si ce n'est la bâche de protection de l'auto. Qu'à cela ne tienne, nous nous emmitouflons dessous, et reprenons la route. Et pour parfaire la chose, nous sommes chaussés en semi-slick ! La prudence est donc de mise. Heureusement, 20min plus tard, la pluie cesse, et nous ne la retrouverons plus. Pause déjeuner avant l'étape «Frontière» pour nous et l'auto. Comme la lumière attire les papillons, la 2-Eleven attire la foule. Défilé pour photos et questions. Nous restons à distance pour déjeuner et observer. «T'as vu le compteur est gradué jusqu'à 160, même avec ma Renault 4l, je vais aussi vite». Le calme et le soleil nous détendent car dans l'auto, le vent souffle fort autour du casque. Le confort, lui reste étonnamment correct, pas de mal au dos ni aux fesses. Avec un châssis (sur lequel nous sommes assis) très précis, des suspensions fermes, et une direction très légère et précise, l'auto demeure facile à conduire et utilisable sur longues distances.

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

Un avion de chasse

Enfin pas tout à fait, il nous manque les ailes ! Avec son compresseur au doux bruit de turbine qui nous souffle comme le vent souffle une feuille, on se sent à bord d'un Mirage 2000, et ici, le missile, c'est nous. Pied au plancher, l'auto siffle dans les tours , les premiers rapports s'enchaînent, l'aiguille s'envole dans les chiffres, 4ème, 120...miles, oups ! Retour à une allure plus civilisée pour ne pas finir à pied. L'Italie arrive, avec ses très belles routes sur les premières dizaines de kilomètres, sur la côte, avec des tracés sinueux entre les tunnels. Un régal pour conduire. Le plein, ah oui ! ravitaillement et rebelote pour les photos. Reprise de l'autoroute, avec cette fois-ci des breaks Volkswagen Passat TDi en guise de mulets, à près de 200km/h. Etonnant, car la vitesse est bel est bien limitée mais on se croirait ici en Allemagne sur l'Autobahn. Qu'à cela ne tienne !

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

Le temps commence à se faire long, il est déjà 17h, et le soleil est déjà reparti dans l'autre sens. Pas de chance pour nous, nous devons contourner Milan pour arriver à Monza, et qui dit grande ville, dit bouchons sur le périph. Une heure et demie de bouchons avec la nuit qui tombe, nous sommes ravis ! L'auto ne chauffe pas, ne fait pas des siennes, et se comporte comme une banale voiture urbaine. Le confort ? Un mal aux fesses passé le premier millier de kilomètres, à part ça, tout va bien. 19h nous sommes enfin arrivés. Sur place une seconde 2-Eleven venue par camion dort paisiblement avant les courses du Week-end. Ouf nous y sommes, mais pas si fatigués que ça, et sans bourdonnement dans les oreilles, comme quoi !

Samedi matin, séance photos pour l'auto, balade en ville, cette fois-ci sans le casque, c'est plus agréable. Au delà de 80 km/h, comme le pare-brise n'existe pas le vent devient trop désagréable et le casque s'impose de nouveau. Reconnaissance du circuit pour l'après-midi avant les premières courses. Ici plus de limitations de vitesses, et une piste tracée au milieu des arbres, au fond d'un parc. Le cadre est donc très agréable. Longue droite, un pif paf, puis de longues courbes, quelques virages, une longue droite, et relance sur la ligne droite. Le tracé n'est pas conçu pour que la 2-Eleven puisse rester loin devant, contrairement à d'autres tracés plus sinueux. Du coup, le dimanche, la nouvelle GT2 qui mène la danse dans les courses Porsche qui se déroulent en parallèle s'impose dans les temps au tour. Toujours est-il que l'auto est collée à la route, freine très tard, accélère très fort, et n'a quasiment pas de transferts de masses, avec son poids plume et sa hauteur au niveau de l'aileron de la GT2 ! La boîte se manie très facilement, et les rapports s'enchaînent tout simplement. Le petit volant est parfait pour manier l'auto, et on a l'impression de piloter un Kart. En départ arrêté, et malgré sa légèreté, l'auto ne patine aucunement, tout comme au passage des premiers rapports. Les courses s'enchaînent sur tout le Week-end, jusqu'au dimanche soir. L'auto est intacte, nous allons pouvoir la ramener !

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

Le retour sera l'image reflétée dans un miroir de notre trajet aller. Sur la route, nous croisons un camion plein de Lotus dont trois 2-Eleven reparties du circuit, puis notre collègue français avec sa 2-Eleven noire, camarade de jeux et de parking d'hôtel. Jusqu'en France, route calme. Passage en France, une M5, 507ch, blanche se profile dans le petit rétro. A son passage, constatation, c'est un break. On se met dans ses 4 échappements, rétrogradage, pied au plancher. L'auto file et nous suivons le pas jusqu'à 210 km/h, lui continue et prend petit à petit le large, nous non. La 2-Eleven se joue de tout jusqu'à 200, après, elle s'essouffle. Détour par Monaco, histoire de voir, si l'engouement rencontré sur les routes que nous avons parcourues est le même dans la Principauté. Et bien oui ! Après les méandres de la route, où il ne fait pas bon être à bord d'une Diablo ou autre V12 Lambo, du fait de l'étroitesse des virages en épingle, passage devant le Casino. Tout le monde s'étonne et dégaine l'appareil photo ! Et dire qu'autour de nous, les Bentley, Rolls et Ferrari valent 3 à 5 fois plus cher. Mais ici, elles sont banales, contrairement à la nôtre. On ne traîne pas, d'ailleurs on mangera plus loin, sur l'autoroute. Le soleil chauffe et sous le casque, cela se sent. La route jusqu'à Tarbes se fera sans encombres, et nous arriverons avant la nuit. Plus besoin d'en rêver, nous l'avons fait.

La 2-Eleven restera gravée dans nos esprits à jamais, car elle est unique au monde, tout comme le plaisir de conduire ou de piloter à son bord. Une voiture de piste avec laquelle on vient sur circuit par la route, c'est ça la polyvalence !

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

En complément, voici l'album photos de la Lotus Cup à Monza

Remerciements à Marcassus Sport, spécialiste Lotus, Caterham, et KTM X-Bow pour nous avoir permis de réaliser ce Road Trip, et plus spécialement à Bertrand et Sacha.

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
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Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
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Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
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Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
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Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008
Photo Lotus 2-Eleven modèle 2008

essai Lotus 2-Eleven modèle 2008
Essai Lotus 2-Eleven modèle 2008

On aime bien

  • Performances de l'auto
  • Tenue de route exemplaire
  • Le rapport Prix/sportivité

On aime moins

  • Le petit réservoir
  • Aucuns rangements
  • Casque obligatoire
Quotidien
Voyage
Loisir
Sport
On vous regarde
On la détaille
On l'écoute
Ecouter

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Fiche technique Lotus 2-Eleven modèle 2008

Tarif (Octobre 2008)60 000 €
Puissance255ch à 8000 tr/min
Couple24,7mkg à 7000 tr/min
Frein AVDisques ventilés
Frein ARDisques ventilés
Emissions CO2NC
Poids (constructeur)740 kg à sec
Réservoir/Conso40L / 10 L aux 100km
1000 mètres D.A.23,5s
Kilométrage au départ300 km
Conditions météosSoleil / pluie (8 à 22°C)

Les données techniques et tarifs peuvent changer sans préavis. Vous trouverez des informations complémentaires ainsi que le dernier tarif sur le site officiel.

Photos Lotus 2-Eleven modèle 2008

Fond d'écran

fond d'écran Lotus 2-Eleven modèle 2008
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